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L’echec des élites

C’est le titre d’un article paru cet été dans le Spiegel, écrit par le philosophe Jürgen Habermas, qui s’est déjà dans le passé intéressé au rôle que l’Allemagne devrait tenir en Europe. Il y reproche au gouvernement allemand de prendre ses électeurs pour des enfants auxquels on ne peut dire la vérité. Par ailleurs, l’Allemagne fait, en bonne démocratie occidentale, semblant de n’être qu’un parmi 28 Etats européens, alors que la politique économique du continent est déterminée par le couple infernal Angela Merkel – Wolfgang Schäuble. Autrement dit, toutes les politiques menées actuellement dans les pays d’Europe du Sud se basent sur ce que souhaite l’Allemagne, alors que celle-ci prétend que c’est la nécessité qui dicte sa loi. Non, la loi en Europe est bien allemande, mais chut! ne dites surtout rien.

L’avenir de l’Europe sera soit son délitement soit son renforcement. On ne pourra continuer d’avancer avec des pas microscopiques tout en ménageant tous les électeurs : les riches, les pauvres, les épargnants, les entrepreneurs, les fonctionnaires, etc. Or, c’est ce que fait la chancelière MerkL’echec des élites 1366536134_20090101-130420-99-01927_2515491_1_dpa_pxgen_r_630xa2-300x224el en ne disant la vérité sur les redistributions à venir. Selon Habermas, tout ce qu’elle entreprend est teinté de l’opportunisme du maintien au pouvoir. « L’Europe est en détresse, et c’est celui qui décide de l’accès au public de certains thèmes qui a le pouvoir politique. L’Allemagne ne danse pas, elle dorlote sur un volcan. » Habermas finit par dire que chaque pays a les élites politiques qu’il mérite.

Ce dernier point est vrai mais un peu dur à admettre. Ainsi, Merkel est la bonne dirigeante puisqu’elle dit ce que les Allemands veulent entendre ? Ou alors pense-t-elle vraiment pouvoir continuer cette stratégie de non-élucidation après les élections ?

Je rajouterais à cette analyse une petite blague, racontée par un ex-ministre travailliste anglais, Denis MacShane. A un petit garçon qui demande à son père de l’amener aux toilettes, celui-ci répond : Après les élections allemandes !

Tout le monde aura compris que nous avons vécu une stagnation totale dans la résolution de la crise européenne, dû au souhait de la chancelière de se faire réélire. Le pire est que cela pourrait bien marcher pour elle. Ce serait donc moins un échec des élites qu’un échec démocratique.

 

29 août, 2013 à 8:43


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