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L’Allemagne doit être à côté de la France dans la lutte contre le terrorisme

Source:  Bundeswehr/Sebastian Wilke

Source: Bundeswehr/Sebastian Wilke

Après les terribles attentats de Paris, les Allemands, opinion publique et médias, ont immédiatement affirmé leur solidarité et leur envie d’être aux côtés de leur voisin. Quant au gouvernement allemand, il a d’abord annoncé soutenir la France sur le plan militaire au Mali, pour soulager l’armée française, qui augmente sa présence en Syrie. Mais, et cela est une surprise, la Bundeswehr interviendra aussi en Syrie, avec des tornados qui pratiqueront de la reconnaissance, et avec une frégate qui est censée participer à la sécurisation du porte-avion Charles de Gaulle. Est-ce une bonne nouvelle ou est-ce une goutte d’eau dans un océan de difficultés qui attend la France ?

Tout d’abord, l’Allemagne se sent ultra-concernée par les attentats de Paris : en dehors de l’aspect purement compassionnel, les joueurs de l’équipe nationale de football étaient présents à Saint-Denis, et deux Allemands sont décédés au Bataclan et aux alentours. Les télévisions allemandes ont fait beaucoup d’émissions dédiées, et les journaux ont tous produit des cahiers spéciaux à l’occasion. Le pays considère qu’il n’est absolument pas à l’abri d’évènements semblables. L’annulation d’un match de football à Hanovre deux jours plus tard pour des raisons de sécurité n’en est qu’un petit exemple. Par ailleurs, l’arrivée massive de réfugiés syriens depuis l’été, qui convergent majoritairement vers l’Allemagne, rend la problématique syrienne très présente dans la vie quotidienne. Dans quelques mois, les réfugiés d’origine syrienne constitueront plus d’un pour cent de la population allemande, puisqu’il est question d’au moins un million de réfugiés pour l’année 2015. Les Syriens obtiendront tous le statut de réfugiés politiques, et ce pour 3 ans dans un premier temps, c’est ce que la chancelière a décidé, contre l’avis de la plupart de ses amis politiques, qui souhaitent limiter leur séjour à un an.

Dans l’ensemble, les Allemands considèrent que le sujet des réfugiés syriens et le sujet du terrorisme islamiste sont deux choses très différentes. Il n’empêche que ces réfugiés ont précisément fui la terreur islamiste, et comme la France et la Russie ont été « punies » par les terroristes d’être intervenu militairement en Syrie, l’Allemagne pourrait l’être également, et ce en raison de sa politique d’accueil.

Voilà pourquoi l’Allemagne est plus que concernée. Mais son armée, la Bundeswehr, est essentiellement vouée à la défense de son propre territoire, et a été construite notamment pour parer une agression de la part de l’Union Soviétique et ses satellites durant la guerre froide. Sa présence sur  des scènes extérieures  (Kosovo et Afghanistan essentiellement) est toute récente. Le livre blanc de 2006 stipule néanmoins qu’elle doit participer à la stabilité dans un cadre européen et au-delà. Nous y sommes : si la stabilité de l’Europe est menacée, l’Allemagne doit répondre présente.

C’est donc une bonne chose, et cela montre que le franco-allemand fonctionne. Cependant, et il ne faut pas se leurrer là-dessus, tout a un prix : si la chancelière a été aussi rapide pour assurer un soutien militaire, elle attend de la France de soutenir davantage l’Allemagne dans l’accueil des réfugiés. Le quota français de 24.000 sur 2 ans va donc très probablement augmenter, et on peut considérer que c’est une bonne chose. Mais il faudra agir avec prudence, et la frilosité du premier ministre Manuel Valls montre que le sujet reste délicat en France, en raison d’un Front National qui semble profiter électoralement des évènements tragiques.

26 novembre, 2015 à 18:43


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